Après avoir ignoré cette ignominie des décennies durant et exploité atrocement et férocement ses victimes à un moment donné, puis refusant souvent d’en faire un sujet de débat en l’entourant de tabous, emprisonnant tantôt ceux qui osent en parler, diabolisant une autre fois ou banalisant tout simplement les tentatives de ceux qui veulent lui trouver des solutions, la loi Haidalla est venue atténuer des pratiques et discours, du moins officiellement, d’un autre temps par : l’interdiction par l’Etat Mauritanien de la pratique de l’esclavage.
Le problème se situe au niveau du fait qu’au lieu de penser à indemniser les victimes, la loi a prévu
l’indemnisation des bourreaux.
En plus de la confusion qui a entouré cette loi et la soustraction, voire la démission de l’Etat quant à la mise en oeuvre de mesures à même de pouvoir permettre la mise en application de cette décision, l’Etat Mauritanien a entretenu la pratique en protégeant les esclavagistes et en ignorant ostentatoirement les complaintes et plaintes des victimes et les appels de leurs défenseurs de par le déni orchestré par son administration et sa Justice au plus haut niveau.
Plus encore, la négation de l’existence de la pratique de l’esclavage a été de tout temps la stratégie de l’Etat qui a excellé dans son refus de reconnaissance du phénomène ne voyant dans ses manifestations de tous ordres que rien ou au plus des séquelles qu’il faut laisser au temps pour être dépassées.