Les outils contemporains de l’aliénation du travail.

Le concept d’aliénation créé par Marx à propos du rapport que l’ouvrier entretient avec son travail a
tellement été malaxé depuis le XIXe siècle qu’il mérite un retour aux sources, y compris en le
rapprochant d’autres formulations connotées différemment comme celle de servitude volontaire.
Si le produit du travail est aliéné, la production elle-même devient l’aliénation en acte. Autrement
dit, tout comme l’idéologie n’est pas le résultat de la domination mais lui est inhérente, l’aliénation
n’est pas seulement le produit du travail, elle est intrinsèque au processus productif, c’est-à-dire à
l’acte de travail salarié lui-même dans le capitalisme. L’aliénation de l’ouvrier dans son produit
signifie non seulement que son travail devient un objet, une existence extérieure, mais que son
travail existe en dehors de lui, et devient une puissance autonome vis-à-vis de lui.
Nombre de salariés ne perçoivent ni la domination ni l’aliénation parce que les représentations
dominantes, celles de la classe dominante les masquent sous les discours de l’égalité des chances,
de l’équité ou des lendemains toujours meilleurs à partir d’un projet social que chacun partage
naturellement.
De plus en plus de salariés font semblant d’adopter les comportements attendus, après avoir tâtonné
pour comprendre ce qui était souhaitable, ils se conforment aux normes comportementales, tant par
le déclaratif que par des actes propositionnels.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *