Les prêtres Kémites conceptualisaient le principe divin comme étant un principe unique (c’est à dire monothéisme) et caché, contenant en lui-même l’origine de l’existence de toutes choses. Ce principe divin est de nature androgyne, c’est-à-dire de nature mâle et femelle, ce qui lui permet de créer toutes les choses existantes (humains, animaux, végétaux, etc.. sur le modèle mâle et femelle). Le principe divin possède plusieurs formes, plusieurs manifestations. Et c’est cette partie de la vision religieuse des prêtres Kémites qui est la plus mal comprise au sein des africains. Pour nos ancêtres de la vallée du Nil, le Créateur est Amour ( Aset ou Isis) vérité, justice, ordre, harmonie (Maât), Il est celui qui sait tout, qui détient toute connaissance ( Djehouty ou Thot)… Mais en fin de compte, il est Imana (c’est-à-dire le Caché) car il est tellement grand, insondable, insaisissable, mystérieux etc….qu’on ne peut pas le cerner entièrement et totalement. Et comme on ne peut pas le cerner entièrement, c’est ça qui fait qu’on lui rend des cultes à travers ses propres diverses manifestations à savoir le culte à d’Osare ou Osiris, le culte à Aset ou Isis, le culte à Ra,
etc…
Il n’y a donc jamais eu plusieurs divinités à Kemet en réalité, mais un seul et unique principe divin dont l’essence profonde est cachée (Imana/Amon/Amen) mais qui s’exprime sous diverses formes, sous diverses manières de faire et d’agir. Cette conception d’Imana ou de l’Amen qui se trouve dans les textes pharaoniques, se retrouve dans toutes les traditions négro-africaines actuelles.