Au lendemain du déclenchement de la crise entre le Sénégal et la Mauritanie, qui causé un exode
croisé (170 Mauritaniens chassés du Sénégal et 70 000 Sénégalais chassés de la Mauritanie).
Des trésors de diplomatie ont été déployés pour désamorcer la bombe de la crise. C’est le président
malien Moussa Traoré, le premier à initier une médiation qui ne fut pas concluante. Le raïs égyptien
Housni Moubarak a aussi initié une médiation, sans succès. Finalement, c’est la médiation française
qui sera payante.
Le 23 mars 1989, Claude Silberzahn, jusque-là préfet et homme de cabinet, est promu directeur de
la Direction générale de sécurité extérieure (DGSE). C’est l’amorce d’une nouvelle politique du
service secret français, qui inaugure l’ère des médiations.
Chaque camp a envoyé un représentant personnel et les négociations commencèrent à la caserne
Mortier, siège de la DGSE à Paris.
Le Sénégal était représenté par le chef d’état-major particulier du président Abdou Diouf, le général
Doudou Diop et la Mauritanie par le conseiller diplomatique du président Taya. Ils se rencontrèrent
en toute confidentialité et aplanirent toutes les difficultés, sans que personne le sache.
Dans son ouvre, « Au coeur du secret » publié en 1995, Claude Silberzahn montre à quel point la
concurrence a été rude à l’intérieur de l’appareil d’État français.